ENG

Qu'est-ce qu'un bim ?

 

C’est une performance in situ. Singulier, chaque bim se construit en friction avec les caractéristiques du lieu qui l’impulse.

 

À partir de l’observation des caractéristiques du lieu donné, nous composons des tableaux animés en interaction avec l’espace. Préparé ou improvisé, c’est un art du mouvement : enchaînements de positions fixes, de gestes quotidiens ou détournés, où la parole et le son peuvent émerger si le lieu nous l’inspire.

 

Un bim c’est aussi et surtout un processus : car c’est une immersion, une manière de vivre les lieux, que l’on restitue sous forme de performance collective. Mais où l’ensemble des exercices et des observations réalisés durant le temps de création a autant de valeur que le résultat final. 

 

 

Déconstruire

 

Nous n’arrivons pas avec un scénario préétabli, une intrigue existante avec ses personnages et ses enjeux. Nous affirmons l’âme d’un lieu, son histoire, sa réalité politique ou sociale. Sa force poétique.

 

Nous jouons délibérement du flou qui opère entre réalité et représentation, semant le doute sur qui est qui : bimeur-caméléon ou marcheur lambda bimant malgré lui ? Nous ménageons la surprise permanente, pour un public constitué ou ainsi interpellé.

 

Un bim confère enfin au spectateur un rôle actif. D’une part, en l’amenant à construire sa propre interprétation et à s’interroger sur son rapport personnel avec le lieu, pendant et après la performance. D’autre part, par sa liberté de mouvement qui peut nourrir la performance en laissant une place à l’imprévu. 

 

 

Transmettre

 

Nous cherchons à inscrire notre projet dans une démarche pédagogique auprès d’écoliers, lycéens, habitants ou tout autre groupe curieux d’expérimenter avec nous. Notre pratique de réapproppriation d’espaces peut et doit s’enrichir de pratiques habitantes. Nous les accueillons dans un être-ensemble visant à valoriser la sensibilité et la créativité de chacun, privilégiant toujours le travail de collectif. 

Comment ça marche ?

 

 

“J’ai serré la main au lieu, et je me suis lancé.”

Andy Goldsworthy dans Rivers and Tides 

 

Pour chaque projet est désigné un référent, mais les bimeurs créent toujours de manière collective.

 

Nous partons de l’espace tel qu’il est sans effectuer aucune modification.

 

Chaque journée débute par un échauffement ludique ouvert à tous, nous permettant de nous familiariser avec l’espace et d’attiser la curiosité.

 

Le premier travail consiste à recenser et mettre en commun nos premières impressions. Puis nous partons à la recherche du genius loci, ou “génie du lieu”, à partir d’éléments concrets qui nous aident à cerner les caractéristiques de l’espace et à en dégager les enjeux essentiels : architecture, fonction, localisation, histoire, dimension, lumière, son, couleur, odeur, activité, fréquentation... À partir des problématiques dégagées, nous improvisons dans l’espace.

Forts de ce rituel d’observation et selon la nature du projet, nous inventons des formats d’intervention en fonction de chaque contexte.

 

Selon le lieu et dans le souci de guider au mieux le regard du public, nous proposons une place à ce dernier ou le laissons déambuler comme il le souhaite. 

 

What is a bim ?

 

It is a site-specific performance. Each bim is unique and is developed in friction with the features of the place it emerges from.

Based on observation of a given place, we compose moving pictures which interact with the space. Whether prepared or improvised, bim is an art of movement. There may be a succession of still postures, of ordinary or twisted gestures. Speech and sound may surface if the place inspires it in us.

A bim is especially a process. It is an immersion, a way to experience a place, which we eventually present as a collective performance. However, all of the exercises and observations made during the creative process, as a whole, are worth just as much as the final presentation.

 

 

Deconstruction

 

We do not arrive with a predefined scenario, nor an existing plot with characters and narrative themes. We focus on the spirit of a place (the genius loci), its history, its political or social reality, its poetic power.

 

We deliberately play on the thin line between reality and representation, planting seeds of doubt on who is who. Here there is a cameleon-bimer, there an ordinary passerby “biming” without realising he or she is doing so... We like to create surprises, both for the audience that is already present and for people passing by who, intrigued, stop to watch.


Lastly, a bim performance gives spectators an active part. It encourages them to build their own interpretation and to reflect on their personal connection with the place, during and after the performance. The spectators’ freedom of movement may also contribute to the performance as it makes room for the unexpected.

 

 

Transmission

We look for our project to be part of an educational approach. We work with students of all ages, residents or any other group interested in experimenting with us. Our work on reappropriation of spaces is nourished by a wide range of possible users and uses of a place. We welcome participants in a collective spirit which values each individual’s sensitivity and creativity, while maintaining an accent on group work.

How does it work ?

 

 

“I’ve shook hands with the place… and begun.”

Andy Goldsworthy (land-artist) in Rivers and Tides 

 

For each project we designate two referring bimers, but we always create as a group.

We take space as a starting point without making any changes to it.

 

Each day begins with an open playful warm-up, which allows us to connect with the space and stir up people’s curiosity.

 

The first task consists in taking an inventory of our first impressions and sharing them among us. We then start searching for the genius loci or “spirit of the place”, based on concrete pieces of information. These help us to pinpoint the specifics of the space and define its major challenges. Our observation of its architecture, function, localisation, history, dimensions, light, sound, colour, activity and flow of visitors give us invaluable material from which we improvise on site.

Thanks to this ritual and depending on the nature of the project, we invent various forms of performance as needed.

 

Depending on the place and with a view to best guide the audience’s eye, we may impose a specific spot for people to watch from or let them mill around as they wish.

© photo : David Daurier